Chapitre 3 – Agriculture

Même si la conjoncture économique s’est améliorée , 2018 n’a toutefois pas permis aux principales filières de rattraper le retard des années précédentes notamment pour les filières lait et porc. La filière volailles de chair confrontée à la liquidation judiciaire de Doux sur le marché export a su rebondir en envisageant une évolution de la production vers un créneau plus qualitatif à destination du marché national.

I - Accompagner les filières agricoles, agroalimentaires et forestières vers la triple performance économique, environnementale et sociale

Fin du stockage de la poudre de lait stockée pendant la crise laitière de 2015-2016

A partir de septembre 2015 et à un rythme accéléré en 2016, l’Union européenne a stocké, par l'intermédiaire des États membres, des centaines de milliers de tonnes de lait en poudre pour tenter de stabiliser les marchés, frappés par la crise et la surproduction. Au niveau français, FranceAgriMer était chargé des achats puis des ventes de cette poudre.  Plus de 70 000 tonnes ont été stockées dans 17 entrepôts de 6 régions dont 43 000 tonnes en Bretagne. La DRAAF était chargée du contrôle des conditions d'agrément des entrepôts, des conditions de fabrication de la poudre, puis, à l'entrée, de la qualité du produit, des conditions d'entreposage et de leur inventaire annuel. Les premières ventes ont eu lieu en février 2018 avec une accélération en fin d'année 2018, du fait de l’amélioration de la conjoncture laitière. Début 2019, l'intégralité du stock français était vendu.

43 000 tonnes

stockées en Bretagne
sur les 70 000 tonnes nationales entre septembre 2015 et fin 2016.

Revente à partir seulement de février 2018, le marché étant saturé entre temps. Intégralité du stock revendue fin 2018.

107 000 ha
en agriculture biologique

Mesures agro-environnementales et climatiques (MAEC),
vers une agriculture plus respectueuse de l’environnement

Les contractualisations des MAEC et des mesures d’aide à l’agriculture biologique se maintiennent à un niveau élevé. En 2018, plus de 10 000 ha ont été engagés en mesures environnementales, portant la surface totale sous contrat depuis 4 ans à plus de 165 000 ha.
Concernant les mesure de soutien à l’agriculture biologique, les engagements 2018 ont porté sur 10 700 ha. Depuis le début de la programmation actuelle (2014-2020), 62 000 ha sont sous contrat d’aide. Actuellement, 107 000 ha de SAU sont convertis à l’agriculture biologique, ce qui représente 6,6% de la SAU Bretonne. Le plan ambition bio a inscrit un objectif de 15% de la SAU à l’horizon 2022.

46.BV2018

Les pratiques culturales observées à la loupe

Partie 1

Deux enquêtes importantes sur les pratiques culturales ont marqué l’activité du service régional de l’information statistique et économique de la Draaf Bretagne en 2018 : le démarrage de l’enquête nationale sur les pratiques phytosanitaires sur cultures légumières et la fin de la préparation de l’enquête régionale sur les pratiques agricoles dans les bassins versants en 2018.

1) Cultures légumières
L'enquête nationale sur les pratiques phytosanitaires sur les cultures légumières vise des résultats représentatifs à l’échelle régionale au niveau le plus fin, qui permettent l'évaluation des pratiques aux niveaux national et régional, en évolution triennale (dernière enquête phyto légumes en 2013).
Ces résultats sont utilisés notamment pour actualiser les indicateurs de fréquence de traitement sur les légumes.
Ses caractéristiques en résumé pour la Bretagne :
- 1 900 enquêtés en Bretagne (sur 9 800 au niveau national), dont 433 dans le (22), 1 029 dans le (29), 310 dans le (35) et 133 dans le (56),
- périodicité : enquête nationale rééditée tous les trois ans ;
- 1 parcelle/1 culture par enquêté ; légumes retenus pour l'enquête en Bretagne : carotte, choux, poireau, salade et tomate ;
- premiers résultats fin 2019.

Partie 2

2) Fin de la préparation de l’enquête bassins versants
L'enquête régionale sur les bassins versants 2018 est une enquête d’initiative régionale réalisée à la demande des acteurs régionaux. Elle a été reconnue d’intérêt général et de qualité statistique par le comité du label du CNIS le 26 septembre 2018. Elle est cofinancée par l’Etat, le Conseil régional, les quatre conseils départementaux et l’Agence de l’Eau.
Elle vise à l’échelle du bassin versant, à évaluer les pratiques de fertilisation et de protection des cultures, en évolution par rapport à la dernière édition 2011 de cette enquête régionale.
Ses caractéristiques en résumé :
- 4 140 enquêtés (dont 200 déjà enquêtés à la précédente enquête sur les pratiques phytosanitaires légumières) ;
- enquête apériodique et échelle territoriale fine de représentativité des résultats : le bassin versant ;
- enquête à l'exploitation (sur l'ensemble du parcellaire et des productions) ;
- pré-remplissage de certaines questions grâce aux DFA (déclarations de flux d’azote, obligatoires au titre de la directive nitrates) de la campagne 2017-2018 (couvrant la période du 1/09/2017 au 31/08/2018) ;
- la collecte se fera de mars à juin 2019 et les premiers résultats seront connus fin 2019.

Renouvellement des exploitations agricoles

472 jeunes agriculteurs se sont installés en 2018 avec les aides publiques.
L’accompagnement financier dont ils ont bénéficié par le biais de la dotation jeune agriculteur a représenté un montant total de 10,16 M€, dont 2 M€ de crédits d’Etat.

Dotation jeune agriculteur :
montant total de

10,16 M€

Dont 2 M€ part Etat.

©DRAAF

Agroécologie

Le nombre de groupements d'intérêt économique et environnemental (GIEE) reconnus a continué de progresser en 2018 ; ils sont désormais 40.
Pour la première fois, un appel à projets a été lancé permettant le financement de l’émergence de nouveaux groupes : une vraie dynamique s’en est suivie et ce sont 9 groupes précurseurs de GIEE qui ont ainsi été constitués.

Signature d’un plan régional pour l’avenir
de la forêt bretonne

Le PRFB (programme régional de la forêt et du bois) de Bretagne a été finalisé en 2018.
Les partenaires de la filière forêt-bois bretonne ont participé pendant 18 mois à l’élaboration de ce programme, sous l’égide de la commission régionale de la forêt et du bois (CRFB) co-présidée par le préfet et le président du conseil régional. Ce document comprend un état des lieux de la filière forêt bois bretonne et un programme d’actions établi pour 10 ans.

Les échanges, notamment entre propriétaires, professionnels, environnementalistes et usagers de la forêt, ont permis de proposer un développement économique de la filière régionale tenant compte de la multifonctionnalité de la forêt dans un contexte d’évolution climatique.

Les réflexions menées se sont basées sur les conclusions d’une étude IGN de l’état de la forêt bretonne avec prospective à l’échéance 2025 puis 2035. Il a notamment été mis en évidence que 74% de la surface forestière bretonne est en feuillus alors que 82% du volume de bois d’œuvre exploité est du résineux. L’enjeu économique principal est donc de développer les marchés permettant la mobilisation des bois et l’adéquation ressource forestière-marchés.

Les actions inscrites au PRFB relèvent des principaux objectifs suivants :
- dynamiser la gestion d’un massif à 91 % privé avec la volonté de mobiliser 420 000 m3 supplémentaires à l’échéance de 10 ans pour passer à 1,6 M de m³ ;
- développer des marchés pour les bois présents, en particulier feuillus ;
- assurer la préservation de l’environnement et améliorer l’acceptabilité sociale des coupes et des travaux forestiers.
Chacun de ces objectifs a été décliné en actions opérationnelles avec définition d’indicateurs, dont le suivi annuel sera réalisé en CRFB.

©DRAAF

II - Enseignement agricole : des formations de proximité à dimension humaine

L'apprentissage dans le domaine agricole a le vent en poupe :

+ 11,6%
d'apprentis à la rentrée 2018

 

©Lycée agricole de Caulnes

L’enseignement agricole et l’apprentissage

L’enseignement agricole breton confirme sa performance avec à nouveau un taux de réussite global aux examens légèrement supérieur à la moyenne nationale.
En 2018, le taux de réussite pour l’ensemble des diplômes, du CAP Agricole au BTS Agricole, est de 87 %, soit 1 point de plus que la moyenne nationale pour ces diplômes.
Pour la session 2018, 6 530 candidats ont obtenu un diplôme de l’enseignement agricole en Bretagne, soit 10 % des diplômes délivrés par le ministère en charge de l’agriculture sur le plan national.
Les taux de réussite s’échelonnent de 77 % (filière BTSA) à 95 % (filière CAPa) avec, dans chaque filière, des écarts suivant les établissements, dont plusieurs atteignent 100 % de réussite, que ce soit en CAP, en baccalauréat professionnel, en baccalauréat technologique série science et technologie de l’agronomie et du vivant, ou en BTS.

Concernant l’apprentissage, on constate une progression en matière d’effectifs accompagnée de bons résultats aux examens. Les effectifs de l’apprentissage dans les formations agricoles, pour l’année 2018-2019 (1 617 apprentis), sont en progression de 11,6 %, dans un contexte de progression globale de 7 % de l’apprentissage en Bretagne (19 779 apprentis).
En 2018, le taux de réussite aux examens, par la voie de l’apprentissage pour l’ensemble des diplômes, du CAP Agricole au BTS Agricole, est de plus de 84 %.
Les taux de réussite en apprentissage sont généralement supérieurs à ceux de la voie scolaire.

Terres de Jim : mobilisation de toutes les composantes de l’enseignement agricole pour communiquer sur leurs formations

Les Jeunes Agriculteurs d’Ille-et-Vilaine ont été choisis pour organiser les Terres de Jim les 7, 8 et 9 septembre 2018 à Javené.
Cette manifestation qui a attiré plus de 100 000 visiteurs, avait pour ambition de faire découvrir les coulisses de l’agriculture aux petits et grands, de la fourche à la fourchette.
Les différents réseaux de l’enseignement agricole se sont associés pour animer un espace commun pour valoriser la richesse des parcours proposés dans l’enseignement agricole en Bretagne.

©DRAAF

Terres de Jim :
100 000
visiteurs sur 3 jours :

une belle occasion de présenter la richesse de l'offre de formations agricoles en Bretagne

III - Sanitaire et alimentation : pour une qualité garantie de la fourche à la fourchette

Vers une réduction de l’utilisation des pesticides avec le plan Ecophyto

En Bretagne, les cultures dominantes sont les céréales et le maïs. Le climat tempéré peut être à l’origine de pressions parasitaires parfois fortes. La protection fongique et la maîtrise des adventices est une préoccupation constante. Peu perméable, le sous-sol breton favorise le ruissellement de l’eau en surface et un réseau hydrographique dense sensible aux contaminations.

Partie 1

Les groupes d’agriculteurs vers l’agroécologie à bas niveau de produits phytosanitaires sont en augmentation. Dans la continuité de l’appel à projet de 2017, un deuxième appel à candidatures régional a été lancé en 2018. Il a permis d’enrichir le dispositif des groupes « 30 000 » fermes Ecophyto, portant désormais leur nombre à 36 en Bretagne (23 groupes en 2017). Ce dispositif permet d’accompagner aujourd’hui plus de 480 agriculteurs bretons dans l’agro-écologie à faible consommation de produits phytosanitaires.
Les dossiers retenus proposent de travailler sur la réduction de l’utilisation de produits phytosanitaires et/ou de leur impact et sur le lien riverains/agriculteurs. Ils sont portés par différents acteurs du territoire : Chambre d’Agriculture (16), Distribution (5), CIVAM (7), Agrobio35 (3), FDCETA (4), et CUMA (1). Ces groupes sont adossés aux 14 groupes de fermes DEPHY existantes qui regroupent 169 fermes de démonstration.

Partie 2

Des aides sur enveloppe Ecophyto ont été mises en place pour le déploiement de matériels alternatifs. En 2018, pour la deuxième année consécutive, un appel à projet a été lancé par l’Agence de l’Eau Loire Bretagne et la DRAAF, sur enveloppe régionale Ecophyto. Il a porté prioritairement sur les zones légumières, à enjeux forts où les producteurs de légumes se sont fortement mobilisés. 160 demandes éligibles ont été validées pour un montant de 554 220 €. Les outils les plus soutenus sont les matériels alternatifs de lutte mécanique contre les adventices.
En zone non agricole, la loi Labbé restreint l’usage de produits phytosanitaires par les collectivités et les particuliers. La communication sur la loi Labbé qui interdit l’achat, la détention et l’utilisation des produits phytosanitaires dès le 1er janvier 2019 pour les particuliers est une priorité identifiée dans la feuille de route pour 2018. Dans la continuité de l’année 2017, priorité a été donnée pour une communication de cette loi auprès du grand public et des professionnels du paysage.

Six affiches ont été réalisées, imprimées et distribuées aux communes par les animateurs de bassin versant afin d’être présentées dans les endroits fréquentés par le public. Une première lettre d’informations réglementaires et techniques a été envoyée par le CRODIP aux paysagistes bretons en 2018.
Le plan EcoPhyto ce sont également 43 890 certiphytos délivrés fin 2018 et 170 bulletins de santé du végétal édités en 2018.
(cf. http://draaf.bretagne.agriculture.gouv.fr/Ecophyto )

©Ministère de l’agriculture

43 890
certiphytos délivrés

170
bulletins de santé du végétal

©Ministère de l’agriculture

Abeilles et OMAA

L’année 2018 a été marquée par une situation très difficile pour les apiculteurs confrontés à des mortalités hivernales exceptionnelles. Les 116 réponses à l’enquête réalisée par la DRAAF auprès des détenteurs de plus de 50 colonies montrent que les pertes moyennes s’établissent à 37%, en notant que 30 apiculteurs déclarent plus de 50 % de pertes.

Des aides régionales ont été proposées de même que des aides nationales pour la reconstitution des cheptels. Dans le même temps, la DRAAF Bretagne mettait en place l’OMAA (observatoire des mortalités et des affaiblissements des abeilles) en phase pilote (avec la région Pays de la Loire) avec le concours de la FRGTV (fédération des groupements techniques vétérinaires). OMAA a recueilli, en 2018, 274 déclarations au guichet unique et mis en œuvre 92 visites de ruchers. Des pistes d’amélioration ont pu être proposées pour la suite mais cette première année a déjà été riche en appuis aux apiculteurs concernés et en recueil de données sur les principaux troubles rencontrés.
(cf. http://draaf.bretagne.agriculture.gouv.fr/Apiculture)

La peste porcine africaine (PPA) ou fièvre porcine africaine (FPA)

Depuis la déclaration de cas de FPA sur des sangliers sauvages en Belgique le 13 septembre 2018, les services de l’État et les professionnels du monde agricole sont mobilisés pour éviter l’introduction et la propagation du virus sur le territoire, à la fois au niveau national, au niveau de la région Grand Est (cf. site Internet MAA) et en région Bretagne, première région française de production porcine.
Sous la présidence de Michèle Kirry préfète de la région Bretagne, le conseil régional de la politique sanitaire animale et végétale (CROPSAV) composé des représentants des collectivités territoriales, des organisations professionnelles agricoles, des services de l’office national de la chasse et de la faune sauvage, des fédérations de chasse, des vétérinaires, des laboratoires d’analyses et des services de l’État, s’est réuni à plusieurs reprises pour suivre les actions de prévention engagées sur le territoire breton.
Ces actions se répartissent en plusieurs axes : la surveillance des signes d’alerte dans la faune sauvage et les élevages, le renforcement de la biosécurité dans les élevages et les transports de suidés, la maîtrise des populations de sangliers, la sensibilisation des citoyens et des professionnels sur les risques et moyens de prévenir l’introduction de la maladie sur le territoire.

(cf. http://draaf.bretagne.agriculture.gouv.fr/Peste-porcine-africaine-PPA-agir
https://agriculture.gouv.fr/peste-porcine-africaine-ppa-agir-pour-prevenir)

Projets alimentaires territoriaux

En 2018, le pôle offre alimentaire (SRAL) a accompagné la dynamique des 9 projets alimentaires territoriaux (PAT) actuellement recensés. Une attention particulière est portée sur le PAT de Belle Ile en Mer, l'un des 11 PAT figurant parmi les 33 lauréats de l'Appel à Projets National PNA 2017-2018. La subvention octroyée à ce PAT est de 40 000€ (sur un budget de 98 660 €).

(cf. http://draaf.bretagne.agriculture.gouv.fr/Bien-manger-Programme-National)

Par ailleurs, l’alimentation est au cœur des préoccupations de l’enseignement agricole avec le projet régional « Tous acteurs de nos assiettes ! Plaisir à la cantine et synergies éducatives ».
Ainsi les 10 Etablissements Publics Locaux d’enseignement agricole bretons se sont mobilisés autour de la question alimentaire dans le cadre d’un projet régional pédagogique en lien avec leurs territoires.

Ce projet s’inscrit dans un contexte favorable (mises en place des Projets Alimentaires Territoriaux, initiative « Breizh alim » en Bretagne, etc.) et sur les acquis d’une formation animation « Plaisir à la cantine » menée en 2016, avec le soutien financier du programme national alimentaire.

©Ministère de l’agriculture
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