I - L'espace maritime

L’État concerte et prépare l’espace maritime de demain
(la planification stratégique – le document stratégique de façade)

Un document stratégique de façade doit être élaboré pour chacune des quatre façades maritimes métropolitaines. Un travail est donc en cours sur la façade Nord Atlantique - Manche Ouest au large des régions Bretagne et Pays de Loire afin de décliner les orientations de la stratégie nationale pour la mer et le littoral (SNML) au regard des enjeux « économiques, sociaux et écologiques » propres à chaque espace maritime. Cet outil de planification vise à garantir la protection de l'environnement, à dynamiser et optimiser l'exploitation du potentiel maritime français ainsi qu’à résorber et prévenir les conflits d'usages.
Ce document stratégique doit comporter quatre parties : la situation de l'existant, la définition des objectifs stratégiques et des indicateurs associés, les modalités d'évaluation de la mise en œuvre du document stratégique, ainsi qu'un plan d'action. Issue d’une large concertation entre les acteurs du secteur mais aussi avec le public, l’adoption des stratégies de façade maritime est prévue pour le printemps 2019.

 

#mer, #littoral

DRIM NAMO

Énergies marines renouvelables

Le développement des énergies marines renouvelables (EMR) concerne de nombreux acteurs en Bretagne. Des exercices de planification et de large concertation sont menés dans le cadre de la Conférence régionale de la Mer et du Littoral (CRML), co-présidée par le président du Conseil régional, le préfet de région et le préfet maritime de l’Atlantique. L’implantation de ces nouvelles sources d’énergie utilisant le potentiel du milieu marin se réfléchit en cohérence avec l’élaboration du Document stratégique de la façade maritime Nord Atlantique - Manche Ouest.
L'instruction administrative autorisant le projet éolien offshore de Saint-Brieuc et ses raccordements au réseau électrique a été achevée en 2017, avec un suivi des divers recours à l’encontre de ce projet. Les services de l'État se sont coordonnés pour l’instruction de ces procédures complexes et interdépendantes. Un comité de gestion et de suivi du projet, installé en octobre et présidé par le préfet des Côtes-d'Armor, veillera à l'application des mesures relatives à la protection de l’environnement et de la biodiversité.
D’autres formes d’EMR se rencontrent sur la façade bretonne, à travers les expérimentations menées sur l’énergie hydrolienne dans le Fromveur, la ria d’Etel ou la baie de Paimpol-Bréhat, et les perspectives de nouveaux sites dans le Golfe du Morbihan. Le projet de ferme pilote en éolien flottant Groix - Belle Île poursuit son développement, les demandes d’autorisation ayant été déposées en novembre.
Enfin, l’avenir est prometteur : le Comité Interministériel de la Mer, organisé en novembre à Brest, a confirmé le prochain lancement d’appels d’offres pour des projets de fermes commerciales en éolien flottant en Bretagne, pour lesquels de nouvelles procédures réglementaires pourraient être expérimentées.

En savoir plus :
http://www.bretagne.developpement-durable.gouv.fr/energies-marines-renouvelables-emr-r626.html

http://www.dirm.nord-atlantique-manche-ouest.developpement-durable.gouv.fr/energies-marines-renouvelables-emr-r92.html

#EMR, #mer, #littoral

496
D’une puissance de 496 mégawatt (MW), le projet éolien offshore de Saint-Brieuc pourrait apporter sur le réseau électrique l'équivalent de la consommation annuelle de 850 000 habitants (soit 1 850 gigawatt-heure par an).

Gestion intégrée de la zone côtière

La montée du niveau de la mer, en lien avec le changement climatique, interroge les politiques publiques de la mer et du littoral. L’État s’est doté d’une stratégie nationale de gestion intégrée du trait de côte.
En Bretagne, la mise en œuvre de cette stratégie et de son plan d’actions 2017/2019 passe par des actions qui concernent à la fois le développement de la connaissance pour mieux appréhender les phénomènes d’évolution du trait de côte, l’élaboration de stratégies territoriales partagées, tant par les collectivités concernées que par la société civile, et aussi des démarches expérimentales pour favoriser la recomposition spatiale des activités et des biens sur le littoral.
En 2017, des conventions d’étude ont donc été conclues pour améliorer le savoir sur l’ingénierie des ouvrages de défense contre la mer, les phénomènes d’érosion géologiques, la sociologie et l’identité des territoires. Une convention tripartite État-Région-CEREMA vise à ce que les dimensions d‘aménagement liées à la gestion intégrée du trait de côte soient bien prises en compte à toutes les échelles de la planification stratégique. Enfin, des ateliers de prospective ont été lancés sur 3 territoires : Côte des Légendes, Côte de Penthièvre et Golfe du Morbihan, associant toutes les parties prenantes, des habitants aux élus en passant par les associations, etc. La méthode appréciée et efficace pour parvenir à une stratégie véritablement « partagée » sera reconduite sur d’autres territoires

En savoir plus :
http://www.bretagne.developpement-durable.gouv.fr/gestion-integree-de-la-zone-cotiere-gizc-r291.html

#zone cotiere, #mer, #littoral

DR - DREAL Bretagne / Françoise Ricordel

 

13%
du linéaire côtier breton
est soumis à des risques d’érosion

 

Patrimoines maritimes

Les phares, monuments historiques des côtes de Bretagne.
Sur proposition de la Commission nationale des monuments historiques, la ministre de la culture a, le 20 avril 2017, classé au titre des monuments historiques 9 phares de Bretagne :
- 6 phares de la mer d’Iroise : Ar-Men, les Pierres-Noires, le Four, la Jument, Kéréon et Nividic ;
- 3 phares de la Manche : île de Batz, les Triagoz et les Roches-Douvres.
Ces 9 phares bénéficiaient d’une mesure d’inscription au titre des monuments historiques depuis le 31 décembre 2015. Ce classement est une reconnaissance, à l’échelle nationale, de leur haute valeur historique et architecturale.

Pour illustrer la qualité architecturale du patrimoine maritime breton, le Fort de la Conchée a été soutenu à hauteur de 177 000 €. Les travaux ont consisté en l’achèvement de la restauration du massif sud du Fort de la Conchée, et la restitution du cartouche sculpté en pierre calcaire surmontant la porte d'accès. Cet ouvrage a été historiquement un élément essentiel du système de défense côtière de Saint-Malo, qui par sa position fermait l'entrée des passes nord aux navires anglais et hollandais et s'inscrivait d'une manière plus générale dans le vaste projet de défense des côtes françaises voulu par Louis XIV et dirigé par Vauban à partir de 1689.

#phare, #patrimoine, #maritime

photo : DRAC Bretagne-CRMH

II - Les activités maritimes

Arnaud Bouissou - Terra

L’État assure l'encadrement des activités de pêches et de cultures marines et accompagne la modernisation de ces secteurs emblématiques de la région

Le développement durable de la mer, la gestion des ressources marines et la régulation des activités maritimes sur les espaces maritimes sont une mission essentielle de l’État en Région. A ce titre, le préfet de région élabore et met en œuvre un grand nombre de réglementations locales de l'exercice de la pêche maritime et de l’aquaculture, soit à titre professionnel, soit à titre de loisir, et régule l’activité notamment par la délivrance d’autorisations d’exploiter et d’autorisation de pêche. L’État travaille en partenariat avec les organisations professionnelles du secteur : comité régional des pêches maritimes et des élevages marins de Bretagne et les deux comités régionaux de la conchyliculture de Bretagne nord et de Bretagne sud.
Le fonds européen pour les affaires maritimes et la pêche (FEAMP) 2014-2020 est l’outil financier qui investit pour le développement de la pêche maritime et de l’aquaculture par le biais des mesures nationales et régionales.
Un plan régional de contrôle des pêches maritimes professionnelles accompagne l’exercice de la pêche dans le cadre des objectifs de gestion durable de la ressource et de satisfaction des objectifs de contrôle en mer et à terre, notamment fixés au niveau européen et destinés à couvrir l’ensemble des opérations du producteur au consommateur des produits de la pêche maritime et de l’aquaculture marine.

#pêche, #aquaculture

Arnaud Bouissou – Terra

1 182
navires de pêche (27 % de la flotte de métropole)

94 152 tonnes de pêche commercialisées

1 084 tonnes de coquillages par la pêche à pied professionnelle

Mesures régionales : 43M€ (24 % du montant alloué aux Régions), sans compter les mesures nationales

L’État soutient l'excellence de l'enseignement supérieur et de la recherche en Bretagne

L’État soutient l’excellence de la recherche et le développement des formations liées à la mer au travers de tout un panel d’offres allant du CAP au diplôme d’ingénieur. Tout un réseau de centres maille le territoire :
- l’université de Bretagne occidentale qui abrite l’institut universitaire européen de la mer ;
- l’université de Bretagne Sud, qui a développé des initiatives notamment au regard des éoliennes ;
- l’université de Rennes ;
- l’école nationale supérieure maritime et son antenne de Saint-Malo ;
- le réseau des lycées professionnels maritimes.

En dehors des établissements d’enseignement supérieur qui comptent de nombreux chercheurs dans le champ d’action mer et littoral, des structures publiques ou privées axées sur la recherche travaillent de concert sur des sujets tels que les énergies marines renouvelables, les macro et micro-algues ou autres bio ressources, les navires du futur, etc.

Le pôle mer Atlantique, jumelé avec le pôle mer Provence Alpes Côtes d’Azur, regroupe près de 330 adhérents publics et privés, dont les deux tiers d’entreprises qui développent des projets collaboratifs innovants dans la filière maritime. Il convient de citer la place de l’État dans le dynamisme du pôle, avec l’importance dans sa gouvernance des Universités, des grandes écoles, des centres de formation, des organismes de recherche et d’innovation ainsi que le soutien des partenaires économiques et institutionnels (ministère de la défense, commissariat général à l’égalité des territoires, direction générale des entreprises, préfecture de la région Bretagne, etc.), ce depuis sa labellisation en juillet 2005.

 

#enseignement, #formations

L’État installe de nouvelles relations à l’usager au bénéfice des professionnels de la mer et plaisanciers

Près de 13 000 marins professionnels résident en Bretagne (marins pêcheurs ou travaillant aux cultures marines, marins du transport maritime ou de la plaisance professionnelle). L’État a mis en place un portail Internet, largement déployé en 2017, permettant à chaque marin professionnel de disposer de l’ensemble des informations de gestion de sa carrière et facilitant ses relations avec l’administration : accès à l’ensemble de ses brevets et certificats de qualification, envoi d’alerte lorsque ses titres (revalidation des connaissances, certificats médicaux) arrivent à échéance, prise de rendez-vous automatisée pour les visites médicales d’aptitude obligatoires, etc. Ces outils accessibles sur ordinateur et téléphone permettent de mieux accompagner la vie du marin qui est le plus souvent en mer. Des travaux ont été menés en 2017 pour bâtir un portail destiné aux armateurs (entreprises maritimes détentrices d’un navire professionnel) afin de leur offrir également une gestion dématérialisée de nombreuses procédures. Ce portail sera mis en service en 2018. La dématérialisation des procédures vaut également pour le secteur de la plaisance. Ainsi, depuis juin 2017, les candidats au permis de conduire les bateaux de plaisance à moteur peuvent acquitter les droits d’inscription aux examens et les droits de délivrance des titres par timbre fiscal électronique.

#mer, #plaisanciers, #usagers

12 713
marins professionnels :

pêche : 5 143
commerce : 5 795
plaisance professionnelle : 349
cultures marines : 1 426

Activités de plaisance en mer :
2 557 nouvelles acquisitions de navires de plaisance
15 097 mutations de propriété de navires de plaisance
129 bateaux écoles – 8 277 permis mer passés.

III - Sécurité des activités maritimes et prévention des pollutions

atelier de maintenance nautique © LPM Paimpol.

674 élèves des LPM bretons
12 355 visites de santé des gens de mer

2 872 visites pavillon
90 visites MOU

Nombre de contrôles Sox
2 182 ESM

Nombre d’interventions
43 022 navires (Dispositif de séparation du trafic - DST – 2017)

L’État assure la prévention des accidents et des pollutions maritimes en s’appuyant sur différents leviers :

- la formation des marins au travers des 4 lycées professionnels maritimes et de l’École Nationale Supérieure Maritime (site de Saint-Malo) ;
- la médecine d’aptitude des marins professionnels exercée par 6 Services de Santé des Gens de Mer situés sur le littoral breton ;
- l’inspection et le contrôle de la sécurité des navires, sous pavillon français ou sous pavillon étranger, y compris les contrôles liés à la prévention des pollutions de la mer (hydrocarbures) et de l’atmosphère (taux de soufre dans les carburants), réalisés par 4 centres de sécurité des navires (CSN) ;
- la gestion et la modernisation de la signalisation maritime par 3 centres opérationnels de balisage (subdivisions Phares et Balises) ;
- la surveillance de la navigation par 2 CROSS, notamment le dispositif de séparation de trafic d’Ouessant (rail d’Ouessant) ;
- les contrôles de sécurité en mer exercés par différentes administrations contribuant à l’AEM (Action de l’État en Mer).

#sécurité, #prévention, #maritime

Phare Saint Mathieu Ouest images
 Centre de sécurité des navires © Laurent Mignaux – Terra

L’anticipation et la gestion des événements de mer

Les CROSS Corsen et Etel assurent, sous l’autorité opérationnelle du préfet maritime de l’Atlantique, la mission prioritaire de mobilisation et de coordination des moyens de secours aériens et maritimes pour la recherche, et de sauvetage pour la sauvegarde de la vie humaine en mer. Ils concourent également aux opérations d’assistance aux navires en difficulté. Ils exercent en outre une mission de surveillance des pollutions maritimes.
Si le développement des activités de loisir nautique et de plaisance maintient à un niveau élevé le nombre des opérations de sauvetage en mer, notamment en période estivale, les mesures de prévention et de contrôle décrites plus haut ont réduit très notablement les pollutions maritimes détectées.
Les volets POLMAR des dispositifs ORSEC anticipent l’organisation de la lutte contre les pollutions qui pourraient survenir. Brest concentre des moyens et des compétences uniques en matière de lutte contre les pollutions marines avec le CEPPOL relevant de la Marine Nationale pour le dispositif POLMAR-mer, le centre de stockage POLMAR-terre de la DIRM NAMO (le plus important au plan national), ainsi que le CEDRE, centre d’expertise sur les pollutions marines.

#sécurité, #prévention, #maritime

1 165 opérations d’assistance maritime

 

 

984 opérations de recherche et sauvetage
3 894 personnes impliquées

CROSS CORSEN Copyright Charles Marion.jpg
EXERCICE POLMAR 2017 ©DIRM NAMO.jpg