Chapitre 9 – Recherche et Innovation

La délégation régionale à la recherche et à la technologie (DRRT) est, auprès du SGAR et en coordination avec le rectorat, le relais à l'échelle régionale pour les politiques publiques de recherche et d'innovation.

L’économie de la Bretagne est irriguée par un enseignement supérieur fort de 130 000 étudiants bretons, et d’une soixantaine de sites qui assurent une offre de formation de proximité. Ils affichent une réussite supérieure à la moyenne nationale dans la plupart des filières. Ce système de formation va de pair avec un dispositif de recherche, qui mobilise l’équivalent d’environ 17 000 personnes, dont 11 300 chercheurs : 6 800 en entreprise et 4 500 dans les laboratoires publics. La dépense intérieure brute de recherche et du développement (R&D) de la région pèse 3,5 % de l’ensemble national.

2019 s'est révélée à plusieurs égard une année de transition, qui a vu notamment la dissolution de la COMUE (communauté d'universités et établissements) interrégionale « Université Bretagne-Loire ». De nombreux dispositifs portés entre les deux régions Bretagne et Pays de la Loire ont de ce fait dû être réaménagés dans une logique qui privilégie la cohésion à l'échelle des "sites universitaires" autour des pôles que sont Brest, Lorient-Vannes et Rennes.

I - Une formation et une recherche qui évoluent
pour mieux transformer la société

La formation et la recherche de Bretagne se distinguent dans les appels à Projets nationaux des Investissements d'Avenir (PIA)

La Bretagne a connu au cours des dernières années plusieurs succès au sein des appels à projets des investissements d'avenir (PIA), en particulier ceux qui transforment la manière d'articuler recherche, formation et innovation autour de thématiques d'avenir. Les « écoles universitaires de recherche » (EUR) sont l'incarnation de cette démarche pour les établissements d'enseignement supérieur, avec l'ambition de former, au contact des chercheurs, les meilleurs talents de demain.

Après l'EUR Isblue portée par l’Université de Bretagne Occidentale lauréate en 2017, trois projets d'écoles universitaires de recherche ont été lauréats en 2019 sur le site rennais. Les projets lauréats sont : CyberSchool, EUR en Cybersécurité de Rennes (Université de Rennes 1), DIGISPORT (Digital Sport Sciences), EUR dans le domaine des sciences du sport (Université Rennes 2), « approches créatives de l'espace public » (EUR Université Rennes 2). Ces projets matérialisent la volonté des acteurs rennais de l’enseignement supérieur et de la recherche de mettre en place un regroupement territorial cohérent.

La recherche en Bretagne est également associée à 4 « territoires d'innovation de grande ambition » sélectionnés dans le cadre du PIA : « Handicap Innovation Territoire » à Lorient (56), « Terres de sources » avec la collectivité Eaux du bassin rennais, « Ouest Terre d’Elevage » en partenariat avec les régions Normandie et Pays de la Loire et « Morbihan Energies ». Ces projets représentent au total un soutien de l’Etat en subventions de l’ordre de 20 M€ et potentiellement plusieurs dizaines de millions d’euros complémentaires en capital (logique d’investisseur avisé).

72. cyberSchool

EUR Cyberschool : un pôle de formation et de recherche unique en France

80
projets bretons de formation et de recherche au sein des Investissements d'avenir.

28 établissements

et

 54 salles connectées
par le Campus numérique de Bretagne

La création du GIP « Numérique de Bretagne » pour renforcer les infrastructures et services numériques pour l'enseignement supérieur et la recherche

Créé fin 2019, le groupement d'intérêt public (GIP) « Numérique de Bretagne » regroupe la Région Bretagne, le rectorat, les quatre universités bretonnes ainsi que six écoles sous tutelle du ministère de l'enseignement supérieur, de la recherche et de l'innovation. Soutenu par les moyens de l'Etat et de la Région, il portera trois missions : la reprise du Campus numérique de Bretagne, le pilotage du déploiement du très haut débit pour les établissements d'enseignement supérieur, ainsi que le « datacenter » qui devra mettre à disposition de la recherche régionale, à partir de 2021 et de manière progressive, les capacités de traitement de données dont elle aura besoin.

115. Pìle Brest

Pôle numérique de Brest Bouguen - visio multisites à l'occasion de la visite de la ministre Frédérique Vidal
le 10 janvier 2019, en présence des chefs d'établissements bretons.

Le soutien à l'équipement scientifique à travers le volet recherche du contrat de plan Etat-Région (CPER)
2015-2020

Le contrat de plan Etat-Région, via son volet sur la recherche et l'innovation, contribue à bâtir une démarche concertée entre les acteurs de la recherche, l'Etat et les collectivités territoriales pour permettre aux laboratoires de Bretagne d'acquérir des équipements scientifiques de pointe. A titre d’exemple, la plateforme de l'unité de recherche NUMECAN (équipe CIMIAD) et du laboratoire de biochimie de Pontchaillou pour des activités de recherche sur le métabolisme des métaux en lien avec les pathologies métaboliques, nutritionnelles et toxicologiques a été créée dans le cadre du CPER. Cette plate-forme est constituée d'un spectromètre de masse et d'un système de chromatographie en phase liquide haute performance. C'est ainsi un budget d'environ 120 M€ qui a été mobilisé dans ce cadre par l'ensemble des financeurs sur la période 2015-2020 afin de soutenir plus de 40 projets de recherche. Ces projets renforcent notamment le positionnement de la recherche régionale sur les sciences de la mer, les technologies numériques, les questions environnementales, l'agriculture, l'alimentation et la santé.

équipement-scientifique

Plateforme « Analyse Elémentaire et Métabolisme des métaux (ÆM2) »

85%
d'exécution du volet recherche du CPER 2015-2020 à fin 2019

La diffusion de la culture scientifique, technique et industrielle : la Fête de la science en point d'orgue

La diffusion de la culture scientifique, technique et industrielle (CSTI) est une action quotidienne de nombreuses structures actives à l'échelle régionale, à l'image d'Oceanopolis à Brest, de l'Espace des sciences à Rennes et à Morlaix, de la Maison de la mer à Lorient, de la Cité des métiers des Côtes d'Armor, ainsi que de nombreux chercheurs et enseignants bretons tout au long de l'année. Elle répond à un enjeu très actuel de relation entre la science et la société à l'heure où les grands défis d'avenir nous interrogent collectivement et individuellement.

La Fête de la science, événement national qui s'est tenu du 5 au 13 octobre, s'est traduite dans la région par des dizaines d'événements qui ont touché directement plus de cent mille personnes, voire bien davantage par écran interposé. L'Etat en région contribue à animer et soutenir financièrement cette manifestation annuelle qui est l'occasion également de montrer à tous les métiers de la science et de susciter, sinon des vocations, la curiosité.

38 000
visiteurs à l'Espace des sciences de Rennes (35) à l'occasion de la Fête de la science

FETE-des-sciences

Village des sciences organisé par Oceanopolis à Brest (29)

II - L'innovation et la technologie au service des transitions de la société

Une boîte à outils pour transférer les résultats de la recherche publique dans la sphère économique

Traduire les inventions de la recherche publique en retombées économiques en région est un enjeu majeur qui suppose une attention sur la durée (de la détection des résultats se prêtant à exploitation économique à la preuve de concept technologique) et des compétences précises (droit de la propriété intellectuelle, marketing, accompagnement de projets). La plupart des inventeurs ont besoin d'un environnement matériel et humain pour leur réussite : c'est pourquoi l'Etat (le cas échéant avec les collectivités) pilote des dispositifs pour accompagner les projets, tels que la société d'accélération de transfert technologique (SATT) Ouest Valorisation qui aide à valoriser les inventions des chercheurs de la région ou encore l'incubateur régional Emergys, opéré par l'association des sept technopoles de Bretagne, qui aide à la création d'entreprises innovantes.

76. moovency

Moovency : une startup spécialisée dans la prévention des troubles musculo-squelettiques, accompagnée par les dispositifs de l'Etat en région

11 
créations de startups accompagnées par la SATT Ouest Valorisation en 2019

Encourager l'innovation aux interfaces entre recherche publique et privée

L’État finance et intervient dans le pilotage d'une douzaine de structures d'innovation réparties sur toute la Bretagne et bénéficiant d'un label national (centres de ressources technologiques, cellules de diffusion technologique, plates-formes technologiques). Ces structures ont en commun de faciliter l'accès pour les entreprises, en proximité, à des connaissances ou des moyens technologiques de pointe.

Afin d'encourager la recherche partenariale entre public et privé, les « Conventions Industrielles de Formation par la REcherche » (CIFRE) permettent à un jeune doctorant d'effectuer une thèse entre une entreprise et un laboratoire public, cofinancée par l'entreprise et l'Etat. Les acteurs bretons (entreprises ou laboratoires) bénéficient chaque année en moyenne de 120 contrats CIFRE, soit un soutien de 5 M€ de la part de l’État, qui est par ailleurs chargé d'expertiser les demandes de CIFRE sous l'angle de l'impact socio-économique du projet.

Ainsi la thèse d’Elsa KOERNER, doctorante, porte sur une étude sociologique sur l’impact de la conception et dans la gestion des espaces publics végétalisés verts sur l’objectif d’égalité entre les femmes et les hommes pris en compte dans les politiques locales. Le bureau d’études Aubépine est spécialiste de l’arbre et de sa prise en compte dans les aménagements urbains. Cette thèse en sociologie permet d’appréhender l’évolution des besoins et de proposer des solutions nouvelles aux gestionnaires des espaces verts publics.

124
thèses CIFRE ont bénéficié en 2019 à des laboratoires ou des entreprises en Bretagne

Aubépine

La SCOP Aubépine a lancé une thèse CIFRE sur l’impact de la conception et dans la gestion des espaces publics végétalisés sur l’objectif d’égalité entre les femmes et les hommes.

Près de
690 
PME bénéficient du crédit impôt recherche (CIR) en Bretagne

Soutenir de manière ciblée les entreprises innovantes et l'investissement dans la recherche et le développement

L'environnement fiscal français est l'un des plus favorables dans le monde pour créer des jeunes pousses technologiques et investir dans la recherche et le développement (R&D). Le crédit impôt recherche (CIR) représente au niveau national 6,2 Md€ de dépense fiscale, dont 2,7 % bénéficient directement à des entreprises dont le siège est en Bretagne. La délégation régionale à la recherche et à la technologie (DRRT) intervient dans le contrôle du CIR des entreprises bretonnes, ainsi que dans les demandes de rescrit, que ce soit au titre du CIR ou du dispositif « jeunes entreprises innovantes » (JEI). Elle promeut ces dispositifs en région et accompagne au besoin les entreprises qui les sollicitent pour la première fois.